Voilà bientôt dix ans que Sylvain Bernard, dit Sly, a quitté ses Vosges natales pour arpenter le monde. C'est au fil de ses errances, d'Irlande en Inde, du Népal en Turquie, de Thaïlande au Sénégal qu'il découvre sa passion : l'art du bijou.
En 2000, il se pose à la Martinique et commence, avec les moyens du bord, à créer ses propres modèles. Sur les plages il glane la matière première : coquillages, graines, pierres polies... Simultanément, il s'initie au travail du métal, un acier inoxydable qu'il met en forme avec des pinces. Son habileté lui vaut son pseudonyme : Sly* est né dans les îles...
Au fil du temps, il donne à sa collection une touche très personnelle avec les bijoux de corps qui épousent les silhouettes afin de mieux les révéler. Alors qu'il envisage, avec des amis, d'organiser un défilé de mode, ils trouvent l'appui de Mounia, égérie d'Yves Saint-Laurent, qui les conseille et sera séduite au point de porter plusieurs des bijoux de Sly pour tourner son clip vidéo, Grooving.
2003 sonne le retour en France métropolitaine. En avril 2005, Sylvain des montagnes et Sly des îles tombe sous le charme de la côte nord du Finistère et de cette lande bretonne qui descend presqu'à pic dans la Manche. Il trouve là un lieu assez puissant pour s'y sédentariser, à côté du café-librairie CapLan & Co. Entre nature et poésie, les lumières, les couleurs du ciel, de l'eau, de la végétation, toujours magiques, toujours enchanteresses lui offrent un cadeau incomparable : l'inspiration.
Une rencontre, une amitié, comme toujours dans la vie de Sly, mettent fin au nomadisme et à la précarité. Il vit, travaille et expose dans un atelier pour la première fois de son existence. Ces quelques mètres carrés sont pour lui un vrai luxe dont il s'enthousiasme : " Ici, j'ai vraiment évolué. Je ressens comme une nouvelle naissance. Ma collection s'étoffe et ce sont les parures de corps qui me passionnent réellement. J'envisage un défilé de présentation ici même à la fin du printemps et j'ai aussi un projet-surprise... "
Dans l'atelier-salle d'exposition, Sly accueille chaque visiteur avec un sourire qui révèle gentillesse et générosité. Puis il se remet au travail tout en restant attentif et prêt à répondre aux questions, à expliquer ce qu'il fait et comment il le fait. Ses outils sont simples et, pour certains, fort anciens : une collection de pinces, un étau, une perceuse-polisseuse, des scies, un marteau et une enclume.
Si les matériaux se sont diversifiés depuis les débuts, Sly reste un glaneur de graines, bois, bambou. Il utilise aussi des perles – oeil-de-chat, perles de rocaille, de métal, de cristal de Bohème... - ainsi que des pierres - malachite, lapis-lazuli, turquoise, améthyste, jade... Dans ses petites boîtes, il montre aussi de l'ivoire végétal, de l'ambre du Mexique dans lequel un insecte est fossilisé et de l'ébène qu'un visiteur-sculpteur lui a offert. Pour donner forme à ces trésors, Sly façonne un fil de métal (totalement anallergique) en continu, sans soudure ni raccord. Chaque pièce est unique et, touche ultime, signée.
Autour de son établi, des panneaux présentent les colliers, bagues, bracelets ainsi que des " fétiches porte-bonheur" : escargots, petites fleurs, tortues, palmiers... Enfin des bustes portent les parures de corps qui laissent admiratifs et ravis même les moins esthètes...
*Sly signifie habile, adroit mais aussi espiègle et rusé...
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